Portraits de personnes diplômées en développement de carrière et orientation

Jeudi 23 février 2023
Pleins feux sur Benoit Prevost
Conseiller en gestion et transition de carrière
Diplômé de la majeure en développement de carrière (2020)
Aider quelqu’un à trouver sa voie, le voir s’épanouir dans sa vie professionnelle, quoi de plus gratifiant!
Comme bien des gens, Benoit Prevost détient un parcours atypique. Au cégep, il complète d’abord une technique en administration. Au cours de son stage, il réalise que ce secteur ne lui correspond pas. Il décide alors de poursuivre ses études à l’université dans un champ d’études différent; mais lequel? Il obtient un rendez-vous avec un conseiller d’orientation avec qui, au fil de leurs discussions, il prend conscience que son excellente maîtrise de la langue française serait un atout pour devenir enseignant de français. Après un baccalauréat et l’obtention de son brevet d’enseignement, il décroche un contrat dans une école, mais force est de constater, l’enseignement ne le séduit pas. Il passera donc plus de 20 ans dans le secteur des ressources humaines et de la formation dans une banque.
Un évènement personnel l’oblige à prendre une pause. Durant cette période, il réfléchit; il réfléchit à sa carrière, ce qu’il aime, ce qu’il veut vraiment accomplir. En feuillant par hasard un livre à la bibliothèque sur les métiers et professions de l’avenir, il tombe sur le milieu de l’information scolaire et professionnelle. L’idée lui plaît. Il n’en faut pas plus pour qu’il retourne sur les bancs d’école et complète une majeure en développement de carrière à l’UQAM.
Il occupe désormais un poste de conseiller en gestion et transition de carrière chez Midi40, une association à but non lucratif aidant chaque année plusieurs centaines de personnes de 40 et plus habitant à Laval à réintégrer le marché du travail ou à se réorienter. Il s’avoue être très heureux!
Q. Quels sont vos valeurs et intérêts qui vous ont poussés à vous diriger vers le monde du développement de carrière et de l’orientation?
R. Mon propre trajet scolaire et professionnel n’étant pas rectiligne, j’avais le sentiment que cela me plaçait dans une bonne position pour comprendre les gens en processus de réorientation de carrière.
J’aspirais également à travailler en relation d’aide, mais je ne savais pas trop à quel niveau. Je me suis dit: «Tiens! Aider quelqu’un à trouver sa voie, le voir s’épanouir dans sa vie professionnelle, quoi de plus gratifiant!».
Avant de joindre Midi40, je souhaitais travailler auprès d’une clientèle scolaire. Finalement, la vie m’a poussée vers une clientèle de 40 ans de plus pour qui le processus de réorientation ou de réintégration peut être bien plus ardu. Cela rend mon travail très valorisant.
Q. Quelles sont vos expertises particulières dans ce domaine? Pourquoi sont-elles importantes pour les personnes qui vous consultent?
R. Je dirais mon empathie et ma volonté de voir les personnes progresser. En tant qu’ancien enseignant, le désir d’aider et d’accompagner des personnes était ancré en moi. Cette expérience professionnelle m’est également bénéfique lorsque j’anime des formations en développement de carrière. Mes qualités d’orateur et de pédagogue sont mises à profit.
Q. Pourriez-vous nous décrire une situation dont vous êtes particulièrement fière?
R. Bien que je ne sois à l’emploi de Midi40 que depuis six mois, j’ai en tête plusieurs clients dont je suis fier. Je pense entre autres à une personne qui a décroché un poste très rapidement au sein d’une entreprise située dans le même édifice que celle où je travaille. J’ai eu recours à mon réseau de contacts et hop, la magie s’est opérée!
Q. De quelle façon entrevoyez-vous l’évolution de votre carrière?
R. Pour l’instant, je suis une courbe d’apprentissage. J’ai beaucoup à apprendre. Une chose est sûre, conseiller et aider les gens me rend vraiment heureux. J’aime être sur le terrain et au contact de l’humain. Je n’aspire donc pas à des postes stratégiques ou de gestion. Après deux carrières et malgré le fait qu’une multitude de sujets m’intéressent, cette fois-ci, j’ai trouvé ma voie!
J’aimerais également ajouter que la force de Midi40, ce sont les employés. Il y règne une ambiance fantastique. Tout le monde a une expérience de vie différente, on se complète vraiment bien. Il a beaucoup de respect. C’est très précieux.
Q. Quel conseil donneriez-vous aux futures personnes étudiantes?
R. Je suis membre de l’Association québécoise des professionnels du développement de carrière où je chapeaute, avec une collègue, un comité de mentorat. À travers ce comité, on tente de réunir des étudiants avec des personnes sur le marché du travail pour leur faire découvrir les différents milieux de pratique possibles: que ce soit dans l’administration publique, pour des associations, des syndicats, des centres de détention et établissement correctionnels, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail, des firmes-conseils, etc. L’Association est également une belle porte d’entrée pour aller voir qui en fait partie, dans quelle organisation, puis de développer son réseau de contacts.
Essayer! Allez à la découverte de tous ces milieux. Moi le premier, je croyais que le seul milieu scolaire était envisageable.
Mon conseil est le suivant: «Essayer! Allez à la découverte de tous ces milieux». Moi le premier, je croyais que le seul milieu scolaire était envisageable.
Ce qui importe, c’est le désir d’aider les gens en ce qui concerne leur carrière et de les outiller pour atteindre leur objectif. Après cela, tous les débouchés sont possibles!
Q. Quels éléments de la formation sont inusités, surprenants, captivants, etc.?
R. Puisque j’ai complété un baccalauréat en enseignement, j’ai eu accès à la majeure en développement de carrière qui contient moins de crédits que le baccalauréat.
Mon cursus scolaire contenait tout de même des cours de counseling que j’ai d’ailleurs adoré! Le counseling nous apprend à mener une rencontre avec un individu ou un groupe. On nous enseigne, par exemple, à détecter des besoins ou à développer notre écoute active. Nos rencontres sont filmées pour utiliser la vidéo comme outil de rétroaction. On peut dire que c’était l’épreuve ultime pour savoir si l’on s’est dirigé dans le bon domaine. C’est vraiment concret et c’est ce que j’aime.
Q. En dehors du travail, qu’est-ce qui vous anime? Qu’aimez-vous faire?
R. Tout de suite, je dis le tennis! Je suis un maniaque du tennis.
J’aime beaucoup les desserts. J’adore cuisiner.
Finalement, j’aime voyager.

Pleins feux sur Karine Martin
Coordonnatrice des services professionnels
Diplômée du baccalauréat en développement de carrière (2009)
En fait, je suis remplie de fierté chaque fois qu’un client obtient un nouvel emploi grâce à notre équipe dynamique et chaleureuse. C’est ce qui rend ma profession aussi riche.
Après ses études secondaires, Karine Martin part en voyage à la découverte du monde. À son retour, elle complète un diplôme d’études collégiales en tourisme et travaille dans ce secteur quelques années. Arrive ensuite une réorientation de carrière avec l’obtention d’un diplôme d’études professionnelles en finition de meubles, mais ça ne s’arrête pas là. Elle s’inscrit à HEC Montréal pour étudier en administration, puis en ressources humaines. Elle l’avoue, toute sa vingtaine, elle se cherche. Une chose est sûre, elle aime aller à la rencontre des gens, souhaite les aider concrètement et aspire à avoir un impact significatif dans leur vie. De fil en aiguille, elle découvre le baccalauréat en développement de carrière qui répond à cette volonté. Cette fois-ci, c’est la bonne!
Durant sa période de stages, elle découvre l’association à but non lucratif Midi40. Elle est enchantée. Non seulement par l’équipe, mais aussi par la clientèle. À la fin de son baccalauréat, elle se greffe officiellement à l’équipe. Elle y passera 10 ans à titre de conseillère en emploi avant de poursuivre des études à HEC Montréal en gestion des ressources humaines et devenir coordonnatrice des services professionnels. Poste qu’elle occupe toujours.
Q. Quels sont vos valeurs et intérêts qui vous ont poussés à vous diriger vers le monde du développement de carrière et de l’orientation?
R. J’avais le souhait de pouvoir aider les gens de façon significative et concrète; d’avoir le privilège de découvrir des personnes dans toute leur unicité. Les travailleurs expérimentés de 40 ans et plus arrivent avec une grande expérience sur le marché du travail et un bagage rempli de moments positifs, mais aussi de moments moins heureux. Ils s’ouvrent à nous, nous partagent leur cheminement, ce qu’ils ont vécu, leurs émotions. On entretient des liens de confiance et cela répond vraiment à mon besoin d’entrer en relation étroite avec les gens.
Q. Quelles sont vos expertises particulières dans ce domaine? Pourquoi sont-elles importantes pour les personnes qui vous consultent?
R. Les travailleurs expérimentés, c’est comme toute personne. Ils ont besoin de counseling, d’écoute. Il faut les amener à comprendre ce qui donne du sens à leur travail. C’est quelque chose qui s’applique à tous les âges. Si j’avais à nommer une seule différence, je dirais qu’il est plus facile de mettre le doigt sur leurs compétences fortes et habiletés clés selon les expériences qu’ils nous relatent. Les événements moins heureux de leur parcours influencent aussi la perception de leur réalité.
Le but de notre démarche de consultation, c’est qu’en fin de compte, ils soient épanouis au travail. Parfois, certains souhaits de la part de nos clients ne sont pas possibles ou réalistes, mais on essaie toujours de s’en rapprocher en leur proposant des compromis.
Q. Pourriez-vous nous décrire une situation dont vous êtes particulièrement fière?
R. J’ai en tête tellement de personnes!
Mais je tiens à exprimer à quel point je suis fière de Benoit Prevost, de son cheminement et de ce qu’il a accompli avec l’un de ses clients. Cet homme, originaire d’un pays d’Afrique, sans emploi depuis 2016 et ayant passé l’âge de la retraite, désirait profondément retourner sur le marché du travail. Benoit l’a guidé avec professionnalisme et empathie. Après de nombreuses entrevues, l’homme a finalement décroché un emploi où il se sent épanoui.
En fait, je suis remplie de fierté chaque fois qu’un client obtient un nouvel emploi grâce à notre équipe dynamique et chaleureuse. C’est ce qui rend ma profession aussi riche.
Q. De quelle façon entrevoyez-vous l’évolution de votre carrière?
R. Je me sens très bien dans mon rôle actuel. C’est très dynamique, les demandes sont diversifiées. J’aime me développer et me dépasser. Je suis donc prête à assumer (presque!) n’importe quelles responsabilités qui répondrait à ce besoin et qui peut aider la cause et l’organisation pour laquelle je travaille.
L’important pour moi est de garder un lien avec mon équipe qui est formidable! Tout le monde s’entraide, s’encourage. On est en mode collaboratif et non compétitif. Soyons honnête, on tombe parfois sur des clients «moins faciles» et savoir que l’on peut en discuter avec nos collègues, compter sur leurs bons conseils, s’est rassurant. Il y a vraiment une belle convivialité.
Q. Quel conseil donneriez-vous aux futures personnes étudiantes?
R. Je leur dirais: «Vous faites un choix de carrière incroyable!». C’est un véritable privilège de poursuivre une carrière dans le domaine du développement de carrière.
Je me suis accrochée les pieds dans un OBNL, alors, je peux difficilement faire de comparaisons avec d’autres milieux de travail. Cependant, je peux affirmer avec conviction qu’il s’agit d’un milieu extraordinaire. Entre autres, parce que l’on peut prendre le temps avec nos clients. Il y a plus de flexibilité. On peut aussi participer à un plus grand nombre de projets.
De petites organisations comme les OBNL, ce sont des environnements de travail idéaux pour les personnes qui affectionnent de porter plusieurs chapeaux.
Q. Quels éléments de la formation sont inusités, surprenants, captivants, etc.?
R. On nous demandait de nous filmer lors de nos interventions avec un client, puis d’extraire nos pires segments pour les présenter à la classe. Belle leçon d’humilité! Étudier en counseling, c’est éprouvant émotivement, mais c’est très formateur. Il faut apprendre à avoir de la compassion et de l’empathie envers soi-même. En fin de compte, on est son propre outil de travail. Les journées où ça va moins bien et que nos pensées sont ailleurs, on n’est pas dans le moment présent avec son client. Il faut effectuer un travail d’introspection.
Puisque j’ai complété mon baccalauréat en neuf ans pour concilier travail-famille, je n’ai pas eu la chance de suivre une seule et même cohorte pendant quatre ans. Je constatais tout de même que des liens très forts se tissaient à l’intérieur des cohortes. Ce sont de petites communautés soudées.
Q. En dehors du travail, qu’est-ce qui vous anime? Qu’aimez-vous faire?
R. Je suis une fille de plein air. J’aime jouer dehors, été comme hiver. Que ce soit en pratiquant du ski, de la raquette ou du vélo. J’arrive à vivre le moment présent et à décrocher du travail.
Maintenant que mes enfants sont grands, je rêve de renouer avec ma passion du voyage!