Enseigner une langue seconde
Mercredi 19 avril 2023
Enseigner une langue seconde, c’est enseigner à communiquer, entrer en relation, s’intégrer à une nouvelle communauté et apprivoiser une nouvelle culture.
Allez à la rencontre de personnes diplômées de l’UQAM en enseignement d’une langue seconde et découvrez pourquoi elles ont fait le saut en éducation.

Khatira Noori
Diplômée du baccalauréat en enseignement du français langue seconde (2017)
Enseignante en classe d’accueil de la 1re à la 3e année du primaire au Centre de services scolaire Marie-Victorin
Mon rêve d’enfance était celui de devenir enseignante, mais comme le français n’est pas ma langue maternelle, ce projet me semblait inatteignable. Il faut dire que je suis issue de l’immigration. Originaire de l’Afghanistan, j’ai connu la guerre et j’ai dû fuir mon pays avec ma mère un certain temps. Je n’avais donc jamais côtoyé l’école avant mon arrivée au Québec en 1995 à l’âge de 9 ans et je présentais de très grands retards scolaires lorsque j’ai intégré ma première classe d’accueil.
J’ai entamé ma vie professionnelle en tant que technologue en électrophysiologie médicale, poste que j’ai occupé durant quelques années, entre autres, dans un hôpital pour enfants. C’est d’ailleurs en travaillant auprès des jeunes au quotidien que j’ai décidé de réaliser mon rêve; j’allais devenir enseignante!
Je me suis inscrite au baccalauréat en enseignement du français langue seconde à l’UQAM. Dès les premiers cours, ça a été le coup de foudre. Drôlement, je réussissais mieux à l’université que durant mon passage au secondaire et au cégep. Je crois que c’est dû en grande partie à mes professeurs. Les profs en enseignement des langues secondes sont vraiment à l’écoute. Ils font preuve d’empathie, de compréhension et d’indulgence. Ils possèdent les ressources pour nous aider.
Permettre d’apprivoiser une nouvelle culture
Ce qui m’a poussé à aller vers le domaine des langues secondes, c’est mon amour pour la langue française. Je suis fière de la parler. Ça m’a pris du temps avant que je puisse vraiment m’intégrer à la culture québécoise francophone. J’ai travaillé très fort tout au long de mon parcours scolaire. Le jour où tu te sens vraiment accepté, tu as de vrais amis, tu arrives à bien les comprendre et à faire des blagues, c’est une grande fierté.
Je suis également passionnée par le multiculturalisme. Je suis choyée dans la région métropolitaine de Montréal où l’on retrouve plus de 150 cultures!
Travailler dans une classe d’accueil, ça me permet de vivre tout ça en même temps. Je deviens la personne qui fait le pont entre la culture d’accueil et la culture d’origine. La langue commune, c’est un outil indispensable pour créer des liens forts. C’est la clé pour poursuivre une nouvelle vie.
C’est toujours touchant de voir progresser mes élèves. Alors qu’il leur était impossible de prononcer un mot en français au début de l’année scolaire, au retour du congé des Fêtes, ils sont capables de construire de petites phrases simples. C’est très émouvant. Je vois mon histoire à travers leurs yeux.
En dehors du travail, le jardinage est ma nouvelle passion. J’aimerais concocter un petit projet pour y initier mes élèves.
Dernièrement, je me suis donné le défi d’apprendre à patiner. Ça peut paraître drôle pour quelqu’un qui a grandi ici, mais pour moi, c’est une façon de m’intégrer davantage à la culture québécoise et surtout, d’apprécier l’hiver!